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dAmade

Chartrier · acte no 28a du tome second

Montoch, le 10 juin 1891

1891 XIXe siècle 860 mots
Fac-similé de la page 128 du recueil, où figure cet acte
Suite de l’acte, vue 129

Tome second, vue 128-129 Voir sur Gallica →

M mo Ludovic de Villèle fait annoncer le décès de son mari, et convoque M. d’Amade (Adolphe) à ses obsèques, qui doivent avoir lieu vendredi 12 du courant, à 9 heures du matin, dans l’église de Montech. Mme de Villèle est la fille de M. Abrial, député du Tarn. M. Ludovic de Villèle est le frère de M"ie Jeanne de Lagausie. Il laisse deux petites (illes en bas âge.

CMteau « lo Saint-Uocli, près Auvillar (Tarn-et-Garonne),

M. et Mme Georges de Mmbrison ayant invité la Société archéologique de Tarn-et-Garonne à aller déjeuner au château de Saint-Koch et à y visiter ses gale-

ries, M. d’Amade, sous-intendant militaire en retraite, membre de la Société, reçut une invitation personnelle et l’accepta; il rejoignit à Montauban le train partant à 7 h. 05, par lequel les membres de la Société devaient se rendre à Moissac, et de là à Saint-Nicolas et à Saint-Roch. La visite des églises de Saint-Martin, de Saint-Pierre et du cloître a été faite sous les auspices de M. l’abbé Daniel Belbèze, de M. Dugué, de Moissac, et de M. le curé Picat, qui s’étaient rendus au-devant de M. de Lasteyrie, délégué du ministre de l’instruction publique, et de la Société archéologique, présidée par M. le chanoine Pottier. M. l’abbé Daniel Belbèze nous a conduits à son vieux logis, et nous a fait admirer les curiosités artistiques et archéologiques qu’il a classées ou colligées avec autant de science et d’art que de bon goût. L’examen du cloître et’du portail de l’église Saint-Pierre a donné lieu à des discussions archéologiques dans lesquelles chacun a pu constater l’érudition et la compétence de bon nombre des assistants. Plusieurs omnibus, requis à cet effet, ont transporté la Société à Saint-Nicolas, où les curiosités de la ville lui ont été présentées par M. Bessières, qui s’est gracieusement mis à sa dis position. Les omnibus se sont remis en route pour le château de Saint-Roch, où ils sont arrivés vers 2 heures. Les châtelains, sur le perron d’entrée, attendaient leurs invités, et M. le président Pottier les a présentés successivement et nominativement à M. et M m “ de Monbrison. Le pays parcouru par b j s omnibus et le site sur lequel s’élève le château de Saint-Roch offrent à l’œil enchanté un panorama splendide. Parc, constructions

méritent l’analyse la plus minutieuse; toutes les richesses de l’art, du goût et du confortable y sont accumulées. La réception qui nous a été faite est digne aussi de tous-les éloges. Un repas des mieux servis et des plus somptueux nous a réunis dans une rotonde richement décorée. Plusieurs toasts ont été portés, après de nombreux discours; des pièces de vers ont été lues et applaudies; les sommités scientifiques et archéologiques de plusieurs départements ont voulu honorer de leurs compliments l’hospitalité princière qui nous avait été offerte. Après le repas et son complément, qu’accompagnaient des cigares plus exquis que ceux de 1870, M. de Monbrison a bien voulu nous faire visiter son château et parcourir ses galeries de tableaux, dont il est fier à si juste titre. Tout ce que l’art et le bon goût ont pu concevoir depuis la fin du XV e siècle se trouve réuni dans l’architecture du bâtiment: pas-perdus, escaliers, corridors, salons et appartements y constituent un séjour des mieux ordonnés. Les galeries de tableaux rappellent le souvenir de tous les personnages ayant joué un rôle important auprès des rois de France depuis François I er; peintures, pastels, sculptures, bronzes et marbres dus aux artistes les plus éminents; crayons et émaux, tapisseries et riches reliures y constituent un musée à nul autre pareil. Tous les connaisseurs et amateurs ont déploré de n’avoir que peu d’instants à admirer de si belles collections. Il faudrait, en effet, des volumes pour les décrire et surtout pour en faire l’historique; les noms de Mignard, Rigaud, Largillière, Boucher, etc., attirent

partout vos regards. M. de Monbrison s’est particulièrement entouré des portraits des rois, princes et princesses, amiraux et maréchaux qui ont joué un rôle en France pendant les XVII e et XVIII e siècles, principalement dans les événements résultant de la réforme religieuse. Toutes les explications qu’a bien voulu nous donner notre hôte éminent dénotaient sa haute compétence en matière historique et artistique. Elles ont été du plus grand intérêt. Cette visite au château de Saint-Roch est un événement auquel on doit être heureux d’avoir assisté; il laissera dans l’esprit de chacun un souvenir profond, que les bonnes grâces de Mme et M Ue de Monbrison, jointes à l’érudition et à la distinction si courtoise de M. de Monbrison, rendront impérissable.

Juvisv, Je 15 juillet 1891.

M. le vicomte Delpech de Saint-Guilhem communique à M. d’Amade (Adolphe), la mort de son père, Hugues-François-Emmanuel comte Delpech de Saint-Guilhem, décédé le 26 juin 1891, en son domicile, rue de Verneuil, n° 33, à Paris, dans sa 80 e année, enlevé dans quelques minutes par une ambolie, au moment où le médecin lui affirmait qu’il le considérait comme hors de danger, et qu’il pourrait partir le 15 juillet pour le Midi. La famille de Saint-Guilhem et la famille d’Amade étaient alliées par le mariage de Pierre Delpech avec Marguerite d’Amade, le 6 mai 1722.

Transcription établie automatiquement depuis la numérisation de la Bibliothèque nationale de France, puis corrigée : césures recollées, abréviations développées, coquilles d’océrisation les plus fréquentes redressées. Le fac-similé fait foi.