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dAmade

Chartrier · acte no 69a du tome second

Montauban, le 18 février 1750

1750 XVIIIe siècle 510 mots
Fac-similé de la page 169 du recueil, où figure cet acte
Suite de l’acte, vue 170

Tome second, vue 169-170 Voir sur Gallica →

L’an 1750, le 18 février, devant maître Dumas, notaire royal et témoins bas nommés, s’est présenté le sieur Izaac Moynier, bourgeois, habitant de Montauban, lequel voulant témoigner aux sieurs Michel, Jean-Izaac et demoiselle Anne Moynier, ses trois enfants, l’amour et l’affection qu’il a pour eux, et leur procurer un établissement plus avantageux, les a de son bon gré émancipés et tirés hors de sa puissance paternelle; savoir: le dit sieur Michel et demoiselle Anne Moynier, ses enfants de son premier mariage avec mademoiselle Marie de Bènes; le dit sieur Jean-Izaac Moynier, son fils de son second mariage avec feu demoiselle Anne Pagès, lesquels, présents, acceptent et remercient humblement leur père. C’est afin qu’ils puissent à l’avenir travailler à leur profit et faire tous actes comme personnes libres et dûment émancipées. Le sieur Moynier père se réserve les droits naturels dont les enfants sont tenus par les lois divines et humaines envers leur père. Les sieurs Michel Moynier, Jean-Izaac Moynier et demoiselle Anne Moynier ont protesté qu’ils rempli raient tous leurs devoirs à cet égard. Ont ainsi requis acte les diverses parties, en présence de Jean-Baptiste Caussade et Raymond Vernhes, praticiens du dit Mon tauban, et ont signé à l’original avec le notaire royal.

Signé: Delmas.

Lettre de M. l’abbé Darassus, prieur de Lalande, à sa sœur, dame de sieur Moynier, Izaac, qu’il avait épousée en troisièmes noces, étant elle-même veuve du sieur Delort, avocat au présidial de Montauban. Dans cette lettre, M. l’abbé Darassus s’efforce de prouver qu’il a le plus grand regret de ne pouvoir être auprès de son beau-frère de Moynier, pendant sa maladie; il cite parmi les empêchements qui le retiennent, le mauvais temps et particulièrement les fêtes de la semaine-sainte, l’obligation de la communion pascale; ces devoirs indispensables le privent de la satisfaction d’aller rendre à son beau-frère les derniers services. — Il donne à sa sœur les conseils les plus affectueux

pour l’inviter à rendre à son époux les bons offices que réclament l’état de son corps et particulièrement de son âme, afin d’appliquer le passage de saint Paul, qui dit: que la femme fidèle sanctifie le mari infidèle; longue dissertation destinée surtout à convaincre M. Jean-ïzaac de Moynier, appartenant à la religion réformée, que la religion catholique est la seule vraie, ajoutant que, s’il remontait aux aïeux de sa famille, il ne tarderait pas à reconnaître qu’ils étaient tous catholiques, que ses oncles mômes étaient chanoines; en religion rien n’est donc plus faux que les nouveautés, rien n’est plus dangereux que ce qu’ont inventé nos frères séparés. — Il cite particulièrement les erreurs de la Cène ridicule et affirme la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ, dont l’Eucharistie nourrit les âmes. Il termine sa lettre en priant Dieu qu’il veuille bien éclairer

l’esprit et toucher le cœur de son cher beau-frère, afin qu’il meure dans les sentiments qu’exigent ses réflexions. Signé: Darassus, prieur.

JS. B. — De ce mariage sont nés Jean-Izaac Moynier et Claire Moynier, qui a plus tard épousé Joseph Amade, seigneur de Joye, près Finhan, juridiction de Montech.

Transcription établie automatiquement depuis la numérisation de la Bibliothèque nationale de France, puis corrigée : césures recollées, abréviations développées, coquilles d’océrisation les plus fréquentes redressées. Le fac-similé fait foi.