Texte intégral · Tome premier
Notice chronologique sur la famille de Faudoas
Quatorze générations de 1260 à 1715, avec les actes à l’appui. La pièce maîtresse de l’ascendance, et le morceau d’érudition le plus sérieux des deux volumes.
SUR LA FAMILLE DE FAUDOAS
SEIGNEURS DE SÉGUENVILLE.
Leur origine la plus sûre remonte à l’acte de juin 1260
Béraud, 1 er du nom, chevalier-seigneur de Faudoas, Hauterive, Sarrant, Cadours, etc. De son mariage avec Alix de Bordeaux il acquit, par donation en juin 11260, ses droits sur les châteaux de Sarrant et de Cadours. Alix de Bordeaux était fille de Pierre de Bordeaux et de Longuebrune de Maurens. De leur mariage naquit: Bertrand Ier chevalier-seigneur de Faudoas, Hauterive, Avenzac, Cadours, Sarrant, Drudas. Il épousa le 4 novembre 1269 à Montech ou Montogio, Philippe III roi de France régnant, Alphonse étant comte de Toulouse et R. évêque, Demoiselle Seguine de Sabousiès, fille de Hugues de Sabousiès, seigneur de Cauze et d’Ardisac, et de Réale de Montech, dame de Lévignac. De leur mariage naquit: Béraud de Faudoas, damoiseau, seigneur d’Avenzac,
héritier universel de son aïeule maternelle Réale de Montech (Montogio) en vertu d’un testament en date du 2 février 1303. Béraud de Faudoas, seigneur d’Avenzac, épousa Demoiselle Bertrande de Yicmont, fille de Pierre de Vicmont, seigneur de Tournecoupe. De ce mariage naquit: Bertrand de Faudoas, seigneur d’Avenzac. Bertrand de Faudoas épousa en 1322 demoiselle Jeanne de Preissac, fille de Raymond-Arnaud de Preissac, chevalier, seigneur de Brignemonl et Marsac, et de Marie de Durfort. (Marie de Durfort était elle-même fille de Bertrand de Durfort, chevalier, seigneur de Deime, de la maison des maréchaux de Duras et de Lorge.) De ce mariage naquit: Béraud de Faudoas, seigneur de Sarempoüy et de Séguenville; Béraud de Faudoas fut émancipé à Tou louse par acte du 27 janvier 1339 à l’âge de 16 ans, il épousa en premières noces Luce de Castanet, par contrat passé le 17 février 1355 au château de Casta net en Rouergue. Luce de Castanet était fille de Géraud, seigneur de Castanet, sœur d’Anselme, dit Anselin de Castanet. Le lendemain, au même château, Bertrand de Faudoas, chevalier seigneur d’Avenzac, donna à Béraud, chevalier, généralement tous ses biens, dont il conserva l’usufruit pour lui et sa femme Jeanne de Preissac, à laquelle fut attribué le château d’Avenzac. Béraud de Faudoas fut marié en secondes noces avec Demoiselle de Faynde ou Faxide de Sarempoüy, fille et héritière de Pierre, seigneur do Sarempoüy, cheva-
lier, ainsi que l’explique la procuration du 1 er juillet 1364 à son frère Bertrand de Faudoas, pour ratifier ses conventious matrimoniales. Du premier lit naquit Réale de Faudoas, héritière de Guyon de Gastanet, son cousin germain, fils d’Anselme, son oncle maternel, seigneur de Gastanet, du diocèse de Rodez; elle épousa noble et puissant seigneur Pierre d’Armagnac, chevalier. Pierre d’Armagnac rendit, tant’ en son nom qu’au nom de son fils Arnaud d’Armagnac, pour ses seigneuries, hommage en toute justice au roi Charles VI à Villefranche, le 17 juin 1399. De cette union sont descendus de mâle en mâle les seigneurs de Castanet et de Tauriac. Du second lit naquirent: 1° Jean de Faudoas, 1 er nom de la branche du d’Avenzac, damoiseau, conseigneur de Plieux et de l’Isle-Bozon, et Béraud de Faudoas, qui est le chef de la branche des seigneurs de Sarempoüy et de Seguenville; 2° Béraud de Faudoas, chef de la dajnoiseau, branche des seigneurs de Sarempoüy, de Séguenville, conseigneur de Brigemont, qui était donc fils de Bé raud II, seigneur d’Avensac, et de Fayxide de Sarem poüy, sa seconde femme. Il porte dans les actes le nom de senior, pour le distinguer de Béraud de Faudoas, son neveu, dont il signa le contrat de mariage l’an 1427. Ce neveu, dans les actes, est qualifié du nom de Béraudou, c’est-à-dire Béraud jeune. Béraud de Faudoas senior, étant devenu propriétaire de la terre de Séguenville par suite de partage,
il devint seigneur de Séguenville, de Sarrempoüy et conseigneur de Brignemont; il en fit hommage à Jean, comte d’Armagnac, le 10 octobre 1418, par suite de son mariage avec Magne de Brugimont, ou par corruption de Brignemont, dame de Séguenville et de Brignemont. Béraud de Faudoas devint seigneur des mêmes terres en vertu de la procuration de sa femme, signée au château de Séguenville le 10 septembre 1427, devant Vital Sentolli, notaire de Solomiac, à l’effet de rendre hommage au comte d’Armagnac de toutes les terres nobles et autres qu’elle possédait dans les vicomtés de Gimois et de Fezensaguet. Magne de Brugimont était fille de Raymond Jordain, seigneur de Brignemont et de P. d’Esparbès. Elle était le 3 octobre 1392 mineure de 12 ans, et majeure de 23 ans dans une procuration délivrée à sa
mère. Le 22 octobre 1466 elle vendit le sixième de la terre de Brignemont, comme veuve, à son cousin par alliance, le baron Jean II de Faudoas et de Barbazan. Elle était alors fort âgée. Par son testament elle élut sa sépulture dans l’église Saint-Michel de Brignemont. Le seul enfant issu du mariage de Béraud de Faudoas avec Magne de Brugimont fut Jean de Faudoas, er du1
nom, de la branche de Sarempoüy et de Séguenville, conseigneur de Brignemont. Jean de Faudoas, 1 er du nom, seigneur de Seguen ville de Sarempoüy et conseigneur de Brignemont, était fils de Magne de Brugimont ou Brignemont et de Géraud I er damoiseau, seigneur de Séguenville, de Sa rempoüy et conseigneur de Brignemont. 11 n’a pas été possible de trouver les actes relatifs
à son alliance. On présume cependant que c’est le même noble Jean de Faudoas qui ne prend pas de titre dans un acte que lui et noble Séguine de Glatens, son épouse, ont signé le 22 novembre 1433 devant Guillaume Morsan, à l’effet de faire cesser des rentes féodales dues à noble Béraud Dangéreux, conseigneur de Colomiès. Quoi qu’il en soit, il est bien certain que Jean de Faudoas I er eut quatre enfants: Michel de Faudoas, seigneur de Sarempoüy, Jean de Faudoas, Antoine de Faudoas et Bertrand de Faudoas. Une procuration du 4 septembre 1474, délivrée, par Jean à son frère Antoine, à l’effet de parvenir à la jouissance de sa légitime provenant de la succession de son père et de sa mère, témoigne de la filiation ci-dessus établie. Michel de Faudoas, écuyer, seigneur de Serempoüy, de Séguenville et de Brignemont en partie, fils aîné de Jean, Kde nom, est signalé par les actes et procès contatant ses démêlés avec Jean III, baron de Faudoas et de Barbazan, au sujet de la terre de Brignemont, dont ils jouissaient l’un et l’autre en paréage. Le 9 septembre 1474 survint un compromis pour terminer leurs différends. Le 14 avril 1485 un nouveau procès fut intenté par les deux frères Michel et Antoine de Faudoas, ainsi que Odet de Lomagne, seigneur de Terride, tous trois conseigneurs de Séguenville, contre Jean de Faudoas, seigneur de Cabanas, au sujet d’un bois dit: de la Combe del Sérisié, qu’ils prétendaient être de la justice de Séguenville. Le 4 juillet 1486 Michel devint seul seigneur de Séguenville par l’échange qu’il fit, au château de Pêne-
ville ou de Terride, diocèse de Montauban, avec Odet de Lomagne, baron de Terride, qui lui céda tous les droits qu’il avait sur la terre de Séguenville, en échange de tous les droits dont jouissait Michel de Faudoas sur la terre de Brignemont et de Saint-Etienne. Il donna des coutumes et privilèges à ses vassaux de Séguenville le 3 décembre 1488. Il s’allia à une très-noble et très-ancienne maison par son mariage avec Demoiselle de Grossoles, fille d’Etienne de Grossoles, seigreur de Gaumont, diocèse de Lectoure. Jean François de Polastron de la Hillière, dans les preuves qu’il présenta en 1557 au prieuré de Toulouse, pour être reçu à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem comprend dans un de ses quartiers la famille de Grossoles. La dame de Séguenville, née de Grossoles, devait être la sœur de Marguerite de Gros soles de Gaumont, veuve le 8 mars 1519 de noble et puissant messire Bertrand du Bouzet, chevalier seigneur du Gastera. Michel de Faudoas, de Séguenville, testa le 21 octobre 1501. Il eut sept enfants: Jean, Bertrand, Biaise, Senhoret, Charles, Jeanne, épouse de Bernard de Mauléon, seigneur de la Bastide, diocèse de Lombez, d’où Denis de Mauléon, époux de Marguerite d’Esparbës de Lussan et père de Jean-Jacques de Mauléon, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et Marguerite de Faudoas, qui épousa Sans-Garcie de Polastron, seigneur de la Hillère, le 18 juillet 1496, à l’Isle en Jourdain, par devant Pierre Foressis, notaire de cette ville. Jean de Fandoas était sourd et muet; il finit ses
jours auprès de son frère Bertrand, qni devint seigneur de Sarempoüy. Charles de Faudoas devint seigneur de Séguenville, et continua la lignée; Biaise fut curé de Cologne et chanoine de Lombez de 1516 à 1 521; Senhoret, conseigneur de Cologne et chanoine de Lombez.
Charles de Faudoas, seigneur de Séguenville, continua la lignée des seigneurs de Séguenville. Il était le cinquième fils de Michel de Faudoas, seigneur de Sarempoüy, marié avec demoiselle N. de Grossoles. Il servait le 4 juin 1521 en Italie, lorsqu’il obtint de Charles, duc d’Alençon, pair de France, comte d’Armagnac, par lettre datée de l’Isle en Jordain un délai de 3 mois pour lui rendre hommage de la terre de Séguenville qu’il avait reçue en partage; mais Georges de Lomagne, baron de Terride prétendait que cette terre était de sa mouvance. Biaise de Faudoas, chanoine de Lombez, soutint les droits de son frère, et le 25 août 1521, à Lavit, en présence des intéressés, devant Jacobi, notaire de la Mothe près de Beaumont, sommation fut faite au seigneur de Séguenville d’avoir à produire la justification de ses droits seigneuriaux
sur la terre de Séguenville, et la réquisition fut rédigée à l’effet de sommer Je baron de Terride, Georges de Lomagne, à lui déclarer quel hommage son père s’était réservé et d’avoir à le défendre tant contre le comte d’Armagnac que contre ses officiers. Charles de Faudoas épousa Marie de Gière, fille de Jean de Gière, seigneur de Saint-Avent et d’Aries, époux d’Aubriette de Lortet. Les conventions matrimoniales portent la date de 1 524. Elles furent con-
verties en acte public par Bernard de Vesin, notaire de Castelnau de Magnoae, au lieu de Lortet, diocèse de Comminge; étaient présents: messire Guillaume de Castelbajac, protonotaire du Saint-Siège, Menaud de Castelbajac, Jean de Binos, seigneur de Visa, Senhoret de Faudoas, chanoine de Lombez, le seigneur de la Hillère et Philippe de Sariac. Marie de Gière était d’une noble et ancienne maison de Gascogne qui prenait son nom de la terre de Gière ou la Mothe-Gière, du vicomté de Fesinsaguet. Antoine de Gière fit hommage au comte d’Armagnac le er mars 1421. Une
autre fille de cette maison était entrée dans la branche de Faudoas d’Avensac. Charles de Séguenville eut de ce mariage: Corbeyran de Faudoas, qui continue la lignée des Séguenville, Aubriette de Faudoas qui épousa, le 30 septembre 1548, Savarie de Mauléon, seigneur de Barbazan, gouverneur de Saint-Béat, d’où: Géraud de Mauléon, gouverneur du château de Fronsac en Comminge, et Gabrielle de Mauléon, femme de Alexandre de Mun de Cardaillac, baron de Sarlabouc, père de Jean de Mun, chevalier de Malte, dans les preuves duquel fut comprise sa grand mère Aubriette de Faudoas; la troisième enfant de Charles de Faudoas fut Catherine, mariée le 14 avril 1557, au château d’Aries, en Magnoae, diocèse d’Auch, à Augé de Lavedan, baron de Montégut en Armagnac. La famille de Lavedan comptait dans ses membres Jeanne de Lavedan, mariée à Gaston du Lion, seigneur de Malauze, l’un des favoris du roi Louis XI, dont la fille unique Louise du Lion, épousa Charles fils naturel de Jean ÏI, duc de Bourbon, d’où sont
descendus les marquis de Malauze et les seigneurs de Bazian. Corbeyran de Faudoas, écuyer, seigneur de Séguenville, Aries et Saint-Avent; était mineur quand son père mourut en 1530, il eut pour tuteur son oncle Senhoret de Faudoas, chanoine de Lombez; et après la mort de ce dernier il fut sous la tutelle de Guy de Faudoas, seigneur d’Avenzac, son cousin, assisté de Bertrand de Lortet et de Rollet-Dangéreux, seigneur de Sère. Le seigneur d’Avenzac fit aveu pour lui de la terre de Séguenville au roi de Navarre en la personne d’Antoine de Rochechouart, seigneur de Saint-Amans, baron de Faudoas, sénéchal de Toulouse. Le certificat constatant les droits seigneuriaux de Corbeyran de Faudoas sur la terre de Séguenville est daté de Fau doas, du 27 novembre 1544, et signé Bertrand Ysaugier, lieutenant. Corbeyran de Faudoas fut marié le 10 mai 1552 à Demoiselle Catherine de Béon, fille de Jean de Béon, vicomte de Sère et de Marguerite Izalguier de Cler mont, dame du Yernet, sa deuxième femme. La famille de Béon est une des plus anciennes et des plus distinguées de province. Le 19 novembre 1204 Raymond Roger, comte de Foix, prend la qualité d’oncle d’Arnaud-Guillem, seigneur de la vallée de Béon; Philippe de Béon est capitaine et gouverneur du
pays de Foix en 1204; Jean de Béon, son petit-fils, était abbé du Mas-d’Azil le 3 novembre 1260. Pierre de Béon, seigneur de Sère, donna des coutumes aux habitants de Sère en avril 1304 Guillaume de Béon
était chevalier de Saint-Jean de Jérusalem en 1314; Pierre ou Pey de Béon, vicomte de Sère, vivait en 1418; Raymond Arnaud de Béon était évêque d’Oléron de 1501 à 1518, il fut le tuteur de Jean de Béon en 1503, Jean de Béon était fils de Pey de Béon et de Jeanne d’Ornezan d’Auradé et neveu de Raymond Arnaud, évêque d’Oléron. Dans des lettres du 5 juin 1566, le prince Gaston de Navarre, comte de Foix, qualifie Pierre ou Pey de Béon du titre de cousin. La famille de Béon avait les mêmes armes que la famille de Béarn: d or à deux vaches de gueules passantes lune sur l’autre accornées, clarinées et onglées d’azur. Jean de Béon, vicomte de Sère, épouse en premières
noces Jeanne de Foix, dame de Miglos, et en secondes noces Marguerite Izalguier de Clermont, dame de Vernet, veuve d’Arnaud de Castelbajac, seigneur de Roüède. Du premier lit naquirent: Bastien de Béon vicomte, de Sère, Bernard de Béon, seigneur de Ricau. Du second mariage avec Demoiselle Marguerite Izalguier, Jean de Béon eut cinq enfants: un fils François de Béon, seigneur de Ballebats, et quatre filles. Parmi ces dernières se trouve, comme aînée, demoiselle Catherine de Béon; -c’est elle qui fut mariée le 10 mai 1552 au château de Sère en Astarac, à Corbeyran de Faudoas, seigneur de Séguenville, Aries et Saint-Avent. Marguerite Izalguier, mère de Catherine de Béon, avait eu de son premier mariage avec Arnaud de Castel bajac, seigneur de Roüède, Marguerite de Castelbajac, qui fut elle-même mariée le 10 novembre 1540 avec Aymery de Béon, seigneur de Massez, d’où Pierre de
Béon, chevalier, seigneur de Massez, et Bernard de Béon-Massez, chevalier, baron de Bouteville, d’Esclaron et de Cornefou, conseiller du roi en ses conseils privés, lieutenant général aux gouvernements et provinces de Saintonge, Aunis, haut et bas Limouzin, qui épousa en premières noces Gabrielle deMarrast et en deuxièmes noces Louise de Luxembourg, fille de Jean de Luxem bourg, comte de Brienne, et de Guillemette de la Marck. Cette dernière était fille de Robert de la Mark,* duc de Bouillon, maréchal de France, et de Françoise de Brézé, comtesse de Maulevrier. Du mariage de Ber nard de Béon-Massez avec Louise de Luxembourg naquit Charles de Béon, baron de Bouteville, petit neveu de Dame de Séguenville, maréchal de camp, père: 1° De Bernard de Béon-Luxembourg, marquis de Bouteville: T De Henry-Auguste de Béon, chevalier de Malle, commandeur du Fief, près d’Amiens, en 1684; o° de Jean-Louis de Béon-Luxembourg, dit le comte de Béon, qui épousa Marie de Cugnac, fille d’Antoine, marquis de Dampierre, marié à Magdelaine du Te\ier, dame de Bris, petite-fille de François de Cugnac, seigneur de Dampierre, chevalier des ordres du roi conseiller d’État, lieutenant général au gouvernement d’Orléans. Une branche de la famille de Béon était connue sous le nom de seigneurs de Cazeaux. Elle a donné à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem François-Paul de Béon, grand prieur de Toulouse en 1675, qui fonda en faveur de son neveu et filleul une commanderie de son ordre. Du mariage de Bernard de Béon-Massez avec Louise de Luxembourg naquit aussi Louise de Béon, petite nièce de Dame de Séguenville, qui fut mariée
en 1623 avec Henry Auguste de Loménie, chevalier, seigneur de la Ville aux Clercs, comte de Brienne, de Montbeton et de Conac, prince de Mortagne, secrétaire d’Etat et maître de cérémonie des ordres du Roy, chevalier du Saint-Esprit, mort le 3 novembre 1666. Du mariage de Corbeyran de Faudoas avec Catherine de Béon naquirent six enfants: 1° Jean-Angé de Fau doas, seigneur de Séguenville, qui continue la lignée; 2° Paule de^Faudoas, qui épousa le 10 décembre 1370, au château d’Ariès, François de Saint-Sivié, fils de Guiche-Arnaud, seigneur de Saint-Sivié, et de Géraude de Béon du Massez, assistée de sa mère dame Cathe rine de Béon, représentant en même temps son fils, frère de Paule de Faudoas, Jean-Angé de Faudoas, seigneur de Séguenville, héritier de feu Corbeyran, son père. De cette alliance naquirent: 1° Bernard, seigneur de Saint-Sivié et de Montant, qui maria sa fille Paule à Etienne de Castelnau-Coaraze; 2° Etienne de Saint-Sivié, seigneur de Montant, qui maria sa fille Françoise de Saint-Sivié avec Louis Valderies, baron de Lescure, frère de François de Valderies, évêque de Luçon. Le fils d’Etienne de Saint-Sivié eut de Catherine de Martres, sa femme, le marquis de Montant; 5° Guillaume de Saint-Sivié, qui forma la branche des seigneurs du Malarlic, et épousa le 1 er octobre 1387 Françoise de Caumont; 4° Jeanne de Saint-Sivié, mariée avec Hector de Tersac-Montberaud, fils puiné du baron de Monlberaud, de Tersac, de Fontaines, et de Jeanne de Goyrans. Marguerite de Faudoas, troisième enfant de Corbeyran et de Catherine de Béon, fut mariée le lOdécembre 1579,
au château d’Aries, à Raymond Barège, seigneur de la Fitte, gentilhomme de race illustre, issu d’un puiné du Béarn, marié à l’héritière de Barège, dont il continua le nom en conservant les armes du Béarn. Le quatrième enfant de Corbeyran de Faudoas et de Catherine de Béon fut Izabeau de Faudoas, mariée le 14 mars 1585 avec François de Sère, seigneur d’Aulix. D’où la maison Aulix, très-ancienne au pays de Foix. Le cinquième enfant de Corbeyran de Faudoas et de Catherine de Béon fut Catherine de Faudoas, qui le 29 octobre 1589 épousa Honorât du Bouzet, fils puiné de Jean du Bouzet et de Marguerite de Léaumont de Puygaillard. Le frère de cette dernière, Charles de Léauuiont, eut pour fils Jean de Léaumont, sei
gneur de Puygaillard, baron de Brou et de Moré, chevalier des ordres du roi, gouverneur d’Anjou en 1584, qualifié du litre de grand maréchal des camps et armées du roi. Le dernier enfant de Corbeyran de Faudoas et de Catherine de Béon fut Ouvriette de Faudoas, qui épousa Gaspard de Vilaros, seigneur de Montbardon. Le 25 septembre 1591 elle reconnut avoir reçu de Jean Augé, son frère, assisté de Jean de Manas, seigneur de Lahas, la somme de 3,500 livres provenant de sa dot. Jean-Angé de Faudoas, écuyer, seigneur de Seguenville, Aries, Saint-Avent, fils de Corbeyran de Faudoas et de Catherine de Béon, servit en qualité de lieutenant dans la compagnie d’ordonnance du baron Henry de Rochechouart de Faudoas pendant la guerre de
religion en Gnienne. Dans une action où le baron de Faudoas, à la tête des troupes catholiques, près de Mauvezin, diocèse de Lombez, perdit la vie, Jean-Angé bâtit les troupes religionnaires commandées par un nommé César. Il fut élu tuteur des enfants du baron Henry de Faudoas en raison de sa parenté avec lui. En cette qualité il soutint deux procès le 7 septembre 1594. devant le parlement de Bordeaux et le 9 décembre 1596 au parlement de Toulouse en faveur de ses pupilles. Il épousa, le 12 novembre 1 586, au château de Castera-Bouzet, devant Antoine Varens, notaire de Bardigues, Bertrande du Bouzet, fille de Bernard du Bouzet, seigneur du Castera, et de Françoise de Cazillac, qui était née le 14. septembre 1 566. Bertrande du Bouzet était de race illustre, tant du côté paternel que du côté maternel: du côté paternel elle descendait des anciens seigneurs du Bouzet au diocèse de Lectoure. Barrau du Bouzet forma sa branche d’après l’acte de partage du er août 1505 entre lui et Gau
tier du Bouzet, son frère aîné, qui conserva la terre du Bouzet et continua la postérité des seigneurs de ce nom, dans laquelle se fondit l’illustre maison du Goût. — Le lot de Barrau du Bouzet fut alors la terre du Castera. Du côté maternel Bertrande du Bouzet était issue de la famille de Cazillac en Quercy. Les seigneurs de Cazillac comptèrent parmi eux Antoine de Cazillac de Bérail, François^de Cazillac, conseiller d’état, chevalier des ordres du roi du 51 décembre 1585, chambel-
lan ordinaire de Sa Majesté; ce dernier épousa Claude de Dinteville; d’où Claude de Cazillac, qui épousa le 7 décembre 1591 Charles de Choiseuil, marquis de Praslin, capitaine de la première compagnie des gardes du corps, maréchal de France, gouverneur de Saintonge. De ce mariage naquirent Catherine-Blanche de Choiseuil, mariée en 1610 au marquis Jacques d’Es-’ tampes, maréchal de France, et Françoise de Choiseuil, mariée le 23 février 1642 au marquis Henry de Guénegaud, marquis de Plancy, secrétaire d’Etat, commandeur et garde des sceaux des ordres du Roy. Charles, baron de Cazillac et de Cissac, frère aîné de la maréchale de Praslin et cousin germain de Bertrande de Séguenville, épousa lui-même Suzanne d’Escar, fille de François comte d’Escar, lieutenantgénéral gouverneur de Guienne et de la ville de Bordeaux, fille aussi d’Izabeau de Beau ville, veuve de Biaise, seigneur de Montluc, maréchal de France. 11est donc aisé de comprendre que Bertrande du Bouzet, par sa mère Françoise de Cazillac, a donné à son fils unique Henri-Aimery de Faudoas de grandes, illustres et nombreuses alliances. Henry-Aimery de Faudoas, seigneur de Séguenville, Aries et Sainl-Avent, naquit le 29 juin 1589. Les alliances que nous avons énumérées ci-dessus ne furent pas les seules que lui procura la famille de sa mère. Sa bisaïeule maternelle était sœur de Charles de Crussol, vicomte d Uzez, sire de Crussol, de Levis et de Florensac, conseiller du roi, chambellan et grand pannetier de France, lieutenant du Boy en Languedoc, qui épousa Jeanne de Genouillac, dame d’Assier, dont
il eut Jacques de Crussol, 11 e du nom, duc d’Uzez, chevalier des ordres du Roy, gouverneur du Langue doc, cousin germain, par conséquent, de Françoise de Cazillac, dame du Castera-Bouzet. Jacques de Crussol eut lui-même de son mariage avec Françoise de Clermont-Tallard, Emmanuel de Crussol, duc d’Uzez, pair de France, chevalier des ordres du Roy. Ce dernier épousa Claude d’Ebrard, dame de Saint-Sulpice, et eut pour fils François de Crussol, duc d’Uzez, er pair de
France, chevalier des ordres du Roy, gouverneur de Saintonge et d’Angoumois. François de Crussol épousa Marguerite d’Apcher et eut pour fils Emmanuel de Crussol, 12*du nom, duc d’Uzez, pair de France, gouverneur de Saintonge et d’Angoumois, chevalier des ordres du Roy, qui de son mariage avec Marie-Julie de Sainte-Maure, fille unique et héritière de Charles, duc de Montauzier, eut pour fils Charles de Crussol. Henry-Aymery de Faudoas, dont nous parlons, fut lieutenant de la compagnie de carabins commandée par Pierre-Beraud de Rochechouart, baron de Faudoas, son cousin, avec lequel il avait été élevé; ils se trouvèrent l’an 1021 au siège de Montauban contre les religionnaires. 11 épousa Catherine de La Mothe, tille de Géraud de
La Mothe, seigneur d’ïzaut, et de Marguerite de Touges. La famille d’ïzaut est très ancienne; elle a donné plusieurs chevaliers à l’ordre de Saint-Jean de Jéru salem. La famille de Touges était elle-même fertile en chevaliers de cet ordre. Elle était alliée aux plus anciennes et illustres familles; la mère de Marguerite de Touges était fille d’Ogier de Touges, baron de
Noaillan, au diocèse de Lombez, et de Jacquette de Polastron de la Hillière. La sœur de Marguerite de Touges, Catherine de Touges, fut mariée le 15 janvier 1580 avec François de Commenge, seigneur de Gui taud, d’où Françoise de Commenge, qui, n’ayant pas de frères, légua son nom, sa fortune et les armes de sa famille à Pons de Pechpeyrou, fils puîné du baron de Beaucaire, d’où Charles de Pechpeyrou de Commenge, chevalier de Malthe, commandeur d’Aslros en 1650, et Louis du Pechpeyrou de Commenge, seigneur de Guitaud. On trouve encore dans la maison de Guitaud: Charles comte de Guitaud, premier gentilhomme de la chambre de M. le Prince de Coudé, lieutenant de sa compagnie de chevau-légers, gouverneur des îles de Sainte-Marguerite; Louis-Athanase, fils du précédent, colonel d’infanterie, maréchal de camp; et son frère Antonin Cyprien, doyen de l’église de Tours. Henry-Aymery de Faudoas signale 12 mars 1630 son compte de tutelle, et transigea avec sa mère Ber trande du Bouzet au sujet des aliénations par elles faites pendant sa minorité. Il mourut vers cette année; sa femme, Catherine de La Mothe, testa le 14 mai 1633, laissant pour héritiers ses trois fils; Pierre-Jean, seigneur de Séguenville; Jean, seigneur d’Aries, qui a fait branche dans la famille de Faudoas, et Bertrand, seigneur de Saint-Avent, qui fut capitainemajor au régiment de son parent le commandeur de Guitaud; Bertrand testa le 21 mars 1653 et mourut sans postérité, étant lieutenant du roi aux îles Sainte-Marguerite. Pierre-Jean, seigneur de Séguenville, Aries et Saint-
Avent, fils aîné de Henry-Aymery de Faudoas et de Catherine de La Mothe, fit en qualité de volontaire quelques campagnes en Catalogne. Le 14 novembre 1648 il épousa Lucrèce de Roquemaurel, fille d’Octavien de Roquemaurel, seigneur de •Soüeich, Sabarat. Montégut, et de Gabrielle de Sergan, fille elle-même de Hercule de Sergan, vicomte d’Erce, et de Georgette de Sers d’Aulix. Lucrèce de Roquemaurel était petite-fille de Marc-Antoine de Roquemaurel, seigneur de Soüeich, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy le 22 mars 1569. Jean de Roquemaurel, fils de Marc-Antoine et frère de Lucrèce, fut seigneur de Soüeich, Montégut, Rouze et Constansac; il eut de sa femme, Marthe d’Ustou de Montgaillard, Paul de Roquemaurel, vicomte de ’Montégut, ci-devant chevalier de Malthe, page du grand maître de son ordre et capitaine au régiment de Ja reine. Après la mort de son frère, Paul quitta l’ordre de Malthe pour se marier. La famille de Roquemaurel, originaire de la terre de Roquemaurel en Auvergne, au diocèse de Saint-Flour, a toujours été des mieux aliées de la province. Elle adonné en 1445 Aymery de Roquemaurel à l’évêché de Montauban, qui était aussi abbé de Moissac. Il donna un beau reliquaire en vermeil, à son église abbatiale où ses armes figurent en émail, soit: d’azur à trois rocs d’or en échiquier, deux en chef un en pointe, au chef d’argent chargé d’une levrette passante de sable, accolée de gueules. Il resta abbé de Moissac de 1434 à 1449, et fut inhumé le 16 octobre 1449 à ladite abbaye. On croit que Bégon, seigneur de Roquemau-
rel et de Thémines, père d’Aimery de Roquemaurel, époux en 1475 de Marie de Cardaillae de la Chapelle-Marival, était le frère de Aimery de Roquemaurel, abbé de Moissac. Dans le diocèse de Cahors en 1410 il existait, comme abbé et prieur de l’abbaye -de Figeac, un autre Bégon de Roquemaurel que le Pape Jean XXIII confirma dans son poste le 10 des calendes de septembre 1413. Antoine de Roquemaurel fut abbé de 1526 jusqu’en 1536; le second prévôt et chef du chapitre cathédral de Montauban, après la sécularisation, fut Jacques de Roquemaurel, abbé de Saint-Marcel, qui succéda à Antoine d’Auriole le 9 février 1542. Il mourut en 1561. — On trouve encore dans la même église Gabriel de Roquemaurel, grand archidiacre, et Mathnrin de Roquemaurel, chanoine. Antoine de — Roquemaurel avait succédé à Guillaume dans sa dignité d’archidiacre le 23 février 559.
Lucrèce de Roquemaurel, Dame de Séguenville, fut veuve en 1673. Pierre-Jean de Faudoas, son époux, testa au château de Séguenville le 10 mai 1670, ils moururent l’un et l’autre audit lieu et furent inhumés dans la paroisse du même lieu. De leur mariage naquirent: 1° Jean-Bertrand de Faudoas, seigneur de Séguenville, qui continue la lignée; 2° Bertrand de Faudoas, seigneur de Saint-Sulpice, qui a fait les campagnes d’Allemagne et de Flandre dans le régiment royal, étant lieutenant de son parent Grossoles; il devint capitaine au régiment de Foix. Il épousa en premières noces Jeanne de Tartas, en secondes noces Catherine du Faur de la Pipane, de la maison de
Pibrac. Du premier lit naquit Marie-Anne de Faudoas, du second lit naquirent Charles de Faudoas et Paule-Charlotte de Faudoas; 3° Jean-Louis de Faudoas, prêtre, docteur de Sorbonne, prévôt du chapitre cathé dral de Montauban, prieur de Goas et de Fontrailles, vicaire général de Monseigneur François d’Haussonville de Yaubecourt, évêque de Montauban, théologal du même chapitre et pourvu de la prévôté le 5 mai 1707, député aux États de la province du Languedoc tous les ans de 1706 à t 722. 4° Alexandre de Faudoas, capitaine au régiment de Tournaisis, fut au service des Vénitiens après la paix de Riswick et périt sur mer en allant en Morée. 5° Paul de Faudoas, capitaine-commandant le second bataillon du régiment royal de la marine, officier plein d’avenir, mourut en Italie l’an 1706 après avoir assisté à plusieurs sièges et batailles. 6° Marguerite de Faudoas épousa, le 24 février 1677,
au château de Séguenville, Guillaume du Bouzet, cidevant chevalier de Malt lie, frère d’Octavien du Bouzet, chevalier de Mallhe, commandeur de Nice. L’un et l’autre étaient fils de Octavien du Bouzet, seigneur de Vivès, et de Philiberte de Gastelbajac; Guillaume du Bouzet mourut en 1699 et Marguerite de Faudoas en 1716. 7° Jeanne de Faudoas, dernière enfant de Lucrèce de Roquemaurel et de Pierre-Jean de Faudoas, épousa, le 22 juin 1698, noble Pierre de Linas, fils de noble Nicolas de Linas, seigneur de Joye, et de Jeanne-Marie du Barry. Jean-Bertrand de Faudoas, seigneur de Séguenville,
était en 1672, quoique fort jeune, lieutenant dans le régiment du roi au siège de Maëstrick; il assista au combat de Senef en 1674. Le 12 août 1693 il épousa Glaire de Saliné, sœur de Joseph de Saliné, seigneur de Roujole, page de la grande écurie, puis mousquetaire et capitaine de cavalerie au régiment de Mont gomery, tué à l’armée. Jean de Fau-Joas mourut au château de Séguenville le 17 février 1705; il fut in humé clans l’église de Saint-Jean-Baptiste du même lieu. Il laissa de son mariage six enfants en bas âge: l’aîné, Jean-Georges de Faudoas mourut à 14 ans sans alliance, en 1715. Ses frères plus jeunes mouru — rent aussi en bas âge. — Il fut donc le dernier membre de la famille de Faudoas, seigneur de Séguenville. Jeanne de Faudoas, septième enfant de Jean-Pierre de Faudoas et de Lucrèce de Roquemaurel, est le membre de cette ancienne lignée qui intéresse le plus la famille d’Amade, puisqu’elle était la belle-mère de Pierre-Guillaume Amade, bourgeois et habitant de Castelsarrasin, après son mariage avec Demoiselle Jeanne de Linas, fille de Jeanne de Faudoas et la grand mère de Bernard Joseph Amade, né le 15 juillet 1731, fils de Jeanne de Linas et de Guillaume Amade. En remontant de Jeanne de Faudoas de Séguenville aux aïeux de cette lignée, que de noms illustres la famille d’Amade ne compte-t-elle pas parmi les siens? Et, même dans le temps de nivedement et d’égalité où nous vivons, quel est celui qui ne se sentirait aucune fierté à la pensée que dans ses veines coule certainement une parcelle du sang de bon nombre de ceux qui firent la France grande et puissante, du
même sang qui coula dans les veines de Jeanne d’Àlbret et du Béarnais? S’il restait indifférent à cette vérité, ne ferait-il pas ainsi bon marché de tout senti ment patriotique, ne renierait-il pas même ceux qui lui léguèrent, avec leur grand exemple, l’existence, leur nom et une partie de leur fortune?
Transcription automatique corrigée. Les césures ont été recollées à l’aide d’un lexique français, les abréviations développées, les coquilles d’océrisation les plus fréquentes redressées. En cas de doute, le fac-similé fait foi.